Venise et l'eau

Eau utile, eau paisible

« Les architectes entretiennent depuis longtemps des liens subtils avec l’eau »

Francis Rambert, directeur de l’Institut français d’architecture, pour présenter l’exposition parisienne « L’eau, source d’architecture » (2006).

Une eau nécessaire

Il est naturel pour l’Homme de s’installer près d’un cours d’eau, d’un lac ou sur une côte, car l’eau est utile pour l’agriculture, l’industrie et le transport de marchandises, sans parler de sa consommation.

Alors, quand on ne peut pas trouver à s’installer près de l’eau, on amène l’eau jusqu’à nous. C’est le rôle des aqueducs construits notamment par les Romains. Ceux-ci ont aussi construit de nombreux bains et établissements thermaux, pensés autour de l’eau et de son utilité fonctionnelle. À l’image de nos piscines et parcs aquatiques modernes. Aujourd’hui, la technologie et le savoir-faire permettent de créer des villes, telle la verte Masdar, en plein désert !

Pont, architecture et eau

Le Pont du Gard

Des villes entières sont encore articulées autour de leurs activités portuaires et maritimes aujourd’hui. La défense du territoire et le contrôle du commerce en sont les deux principales motivations. Ces ports ont la réputation d’être pollués et peu accueillants. Mais certains ports essaient de modifier ce souvenir d’un XIXe siècle purement industriel. Ainsi de nombreuses actions sont menées, par exemple à Marseille ou à Québec, pour rénover et rendre à l’eau une place de choix. Stockholm, Copenhague, Vancouver, Boston, Lyon ou encore Chicago sont autant d’exemples de villes qui travaillent à redorer leur image en aménageant leurs berges et en valorisant leurs quais.

Comme Venise, les Pays-Bas poussent la maîtrise de l’eau plus loin encore. Il s’agit d’un petit pays au tiers recouvert d’eau (lacs, rivières, canaux…) et sans cesse menacé par la montée des eaux due au dérèglement climatique. Pour lutter contre cela et aussi pour augmenter leur surface habitable, les Néerlandais ont vite compris l’intérêt de construire sur l’eau. De véritables maisons flottantes fleurissent dans tout le pays et la technique s’exporte même à l’étranger. C’est une manière également de lutter contre les changements climatiques dans les esprits : on vit sur l’eau, avec l’eau, dans un mode de vie plus respectueux de l’environnement.

Une eau symbolique

L’eau a plusieurs significations dans l’imagination collective. Il s’agit d’un élément liquide et, par sa capacité à se fondre dans un contenant ou à briser de solides constructions, il symbolise à la fois l’union et la puissance. Sa relation avec le sacré (les baptêmes…) fait écho au fait qu’il s’agit pour l’Homme d’un besoin vital. Enfin, sa surface réfléchissante en fait une matière pronant l’introspection et la recherche de la paix intérieure.

MuCEM, architecture et eau

Le MuCEM de Marseille

Prenons un exemple concret. Tout près du nouveau MuCEM, le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée à Marseille, se trouve la non moins nouvelle Villa Méditerranée. L’un comme l’autre sont des bâtiments exceptionnels. Mais la Villa est un exemple de symbiose réussie entre le bâtiment et le liquide. Construite par l’architecte italien Stefano Boeri, elle représente un espace qui s’enfonce sous terre tout en s’avançant au-dessus d’un bassin artificiel de 2000 m³.

Villa, architecture et eau

La villa Méditerranée de Marseille

Un jeu de vitres permet au soleil de se refléter sur l’eau du bassin pour éclairer la salle suspendue au-dessus et aux personnes situées dans cette salle d’observer les jeux de lumière sur l’eau ainsi que leur reflet. Boeri confirme : « La première intention était de faire pénétrer un morceau de mer à l’intérieur du bâtiment… C’est l’élément principal d’union qui oriente, anime et organise le projet tout entier. » Et cristallise le mariage de la ville avec la mer.

S.F.

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